Divergences de points de vue, décalage de générations, dilution de l’affectio societatis, dégradation des résultats, conflits entre actionnaires dormants et actionnaires actifs au sein de l’entreprise… autant de raisons qui peuvent rendre la vie d’un groupe familial et de ses actionnaires difficile, voire insupportable. Faire face à ces crises et trouver des voies favorables pour reconstruire une cohésion actionnariale solide n’est pas aisé, comme je le constate auprès des groupes familiaux que j’accompagne.
Pourtant, certaines voies méritent d’être explorées!

Le cas Wendel est de ce point de vue très instructif. Après des années de gloire au cours desquelles la valorisation des actions du groupe n’a cessé de grimper pour le plus grand bonheur de ses actionnaires, les années de crise récentes se sont traduites par diverses difficultés  et notamment:
remise en question du management et des options stratégiques prises ayant concouru à l’accroissement sans précédent de l’endettement du groupe
–    changement à la tête du groupe sous la pression des actionnaires avec le départ du directeur général
–    divergences profondes entre actionnaires se traduisant notamment par un procès entre branches familiales, certaines accusant d’autres d’enrichissement personnel et de spoliation des intérêts des actionnaires minoritaires.

Cette crise familiale, amplement relayée par les médias, est à plusieurs égards signifiante.
Elle concerne un groupe familial dont l’histoire industrielle a profondément marqué celle de la France, et dont la perpétuation d’une tradition entrepreneuriale de génération en génération est exemplaire.
Elle s’est accompagnée de déchirements profonds, allant jusqu’à des mises en cause judiciaire par certains actionnaires  des dirigeants du groupe (notamment Ernest Antoine Sellières), et se traduisant par une refonte de la gouvernance avec la reprise en main par François de Wendel de SLPS, Holding familial de la famille Wendel et le départ de son directeur général.

Elle se poursuit aujourd’hui par un processus original ayant pour objectif de connaître les aspirations des différentes actionnaires, afin de redéfinir éventuellement les contours du groupe dans le futur et de son actionnariat.

Pour se faire, les administrateurs du groupe ont lancé une « enquête d’opinions » auprès de tous les actionnaires pour connaître leurs aspirations et décider des orientations qui paraissent souhaitables pour le groupe avant l’assemblée générale du mois de juin. Des rencontres avec entre actionnaires et administrateurs sont aussi prévues pour étayer cette enquête.

Cette démarche, présentée comme première du genre, n’est pourtant pas unique. Des sociétés familiales non cotées y ont recours pour aborder leur avenir entrepreneurial et actionnarial de façon organisée. Cela permet parfois l’émergence de pacte familial précisant le mode d’exercice de la gouvernance familiale, des conditions d’accès au management des membres des familles, des modalités d’entrées et de sorties des actionnaires… Quand cette initiative est prise par les actionnaires et coordonnée par des experts, elle donne l’occasion d’un dialogue de qualité et permet de sceller les bases d’un avenir commun choisi.
J’ai eu la chance de pouvoir accompagner certains groupes familiaux dans ce domaine et la richesse de ces expériences m’a incité à renforcer encore mon expertise grâce à une formation en médiation.
Si vous avez des questions au sujet de telles démarches au sein de groupes familiaux, je serais heureuse d’y répondre.