A la question “pour vous qu’est-ce qu’un entrepreneur?”, le mythique patron de Swatch Group Nicolas Hayek répond : « un entrepreneur, c’est quelqu’un qui sait que vous et moi nous sommes nés avec énormément de fantaisie, qu’on a cru aux contes de fées(…) qui a retrouvé cette fantaisie originelle qui est en nous ».

Inspirant ! Souvent, quand les entrepreneurs sont confrontés à des crises, ils ont tendance à remettre en question leur propre vision et mettre en sommeil leur potentiel créatif et innovant au motif d’un nécessaire retour aux « fondamentaux ». Le recours aux stratégies classiques, qui ont parfois fonctionné, de type « réduction des coûts », « taille dans les effectifs », recentrage, est proposé pour « limiter la casse » plutôt que d’explorer de nouveaux horizons. Pourtant, j’ai constaté à plusieurs reprises que les entrepreneurs, fidèles à leur vision tout en étant prêts à se laisser interpeller dans leur raisonnement, trouvaient des ressources importantes (voire insoupçonnées à leurs yeux !) pour avancer, même en pleine tempête.

L’exemple de Nicolas Hayek et du groupe Swatch prouve qu’il est possible de créer des océans bleus (ou encore de nouveaux espaces stratégiques) sur des marchés a priori saturés grâce à l’innovation. L’horlogerie suisse des années 80’s était promise à la disparition, et comme l’explique Nicolas Hayek « tout le monde cherchait à justifier son enterrement, son incapacité à faire face à l’invasion japonaise (…) le management manquait d’efficacité et de vision». Dans ce contexte a priori très défavorable, Swatch a été lancé avec le succès que l’on connaît, et dans la foulée le sauvetage de l’industrie horlogère Suisse…

Si la voie n’est pas aisée, quelques recettes partagées par Nicolas Hayek dans les Echos sont très intéressantes, et notamment :
– la capacité à créer un esprit d’entreprise fort, qui permet de faire face aux crises en gardant la cohésion interne :
Comme il l’explique,   « Nous essayons de donner à notre personnel un sentiment de sécurité, d’intégration et d’appartenance au groupe. »

– le soutien des actionnaires de référence et l’engagement des dirigeants dans la durée
se référant à l’expérience de son propre groupe, il cite «  Toutes les études montrent que les sociétés dont le chef est actionnaire principal, tout comme les entreprises familiales, sont mieux dirigées que les autres sociétés »

Retrouver sa vision initiale, celle qui pousse l’entrepreneur à se lancer…
Renforcer la cohésion des différentes parties prenantes de l’entreprise grâce à des valeurs fortes…
S’assurer du soutien dans la durée de son actionnariat….

Autant de recettes que j’aime utiliser et combiner dans l’exercice des missions qui me sont confiées.

Et vous, quelle est votre vision de l’entrepreneur et des clés de sa réussite ?