Le bouclage de l’opération de rachat de Go Voyages vient d’être finalisé avec pour chef de file Axa private Equity, pour 400 Meuros, dont 175 Meuros de dette bancaire. Je trouve que c’est un bon signe dans une conjoncture boursière chahutée pour deux raisons :
–   la première concerne la valorisation : la transaction s’est réalisée sur de bons niveaux de prix, attestant à la fois  de la qualité du sous-jacent et des perspectives de la société sur son marché, mais aussi du retour à des prix d’avant crise des subprimes sous certaines conditions.
–   La seconde concerne la dette, qui serait  de retour, mais elle aussi … sous conditions. En effet, le respect d’un effet de levier raisonnable est mis en avant pour finaliser les opérations de LBO, quelle que soit leur taille. Comme l’explique La Tribune du 20 mai 2010, la dette est de nouveau disponible mais sous réserve du respect de certains équilibres.

Les cas de LBO qui nous sont soumis aujourd’hui n’échappent pas aux nouvelles règles bancaires, en l’occurrence un montant de dette maximum de 50% de la valeur d’entreprise. Par ailleurs, la recherche de banques passe souvent par l’organisation dès le départ d’un club deal autour d’un chef de file désigné (dans le cas de Go Voyages, trois banques étaient réunies pour finaliser l’opération). Enfin, les conditions des prêts sont supérieures aujourd’hui à la norme d’avant crise, en l’occurrence entre 250 et 300 points de base (bp). Il n’est pas rare de trouver des financements autour de 500 bp au dessus de l’euribor.
En conclusion, le retour à la qualité ou « fly to quality » qui sévit sur le marché s’applique aussi au monde du LBO !
C’est une bonne nouvelle pour tous les propriétaires de société désireux de réfléchir à l’évolution de leur société et qui envisagent le LBO comme un moyen judicieux de transmettre leur entreprise tout en continuant à accompagner sa croissance, et/ou à réaliser des opérations de croissance externe nécessitant un appel de fonds.


La santé de l’entreprise, ses équilibres financiers, son niveau d’endettement, son historique de croissance passé, sont autant de facteurs déterminants du succès d’un LBO, d’autant plus quand les conditions de crédit sont exigeantes pour ne pas dire… tendues ! Avis donc aux amateurs…
Quand la qualité est rare… les prix peuvent suivre une pente ascendante.