Si l’on en croit la une des journaux financiers de ces derniers jours, la page de la crise semble en partie tournée, et celle de la reprise prête à s’écrire. Les mouvements de rapprochement ont animé la chronique estivale, rompant avec une tradition de calme estival et particulièrement aoûtien. J’étais réellement surprise du niveau d’activité de rapprochement de cet été: Pétrole et énergie en voie de concentration, télécoms en fusion, pharmacie à l’offensive, fonds d’investissement en reclassement de participations… Les formes des rapprochements évoluent elles aussi. Si les fonds négocient souvent entre eux les reclassements de participations sous la forme de LBO secondaire, tertiaire, voire quaternaire, le retour des OPA, amicales ou hostiles, se trame sur fonds de valorisations attractives.

En effet, les cours de bourse n’ont pas retrouvé leurs plus hauts historiques, et l’incertitude qui plane quant à l’évolution favorable des marchés financiers peut inciter certains groupes en quête de croissance à lancer dès aujourd’hui leur « chasse ». Comme le montre le cas Sanofi-Genzyme, les actionnaires des sociétés cibles ne sont pas toujours prêts à se laisser « croquer » sans obtenir en échange quelques concessions, dont la plus importante concerne le prix à payer… L’inflation des valorisations est alors alimentée par la course à la taille et la croissance, et le regain de concurrence entre les acteurs, qui ont accumulé de belles réserves de cash disponibles depuis 3 ans, même si le contexte général reste incertain, voire déprimé. La crise a aussi eu pour effet de constituer d’importants trésors de guerre financiers pour les sociétés saines, ayant mené à marche forcée un apurement de leurs bilans. Les chiffres publiés récemment sur les réserves de liquidités des grands groupes américains, mais aussi européens, laisse augurer d’une poursuite des démarches d’acquisitions ciblées.

Qu’en est-il pour les groupes de taille moyenne ? On observe souvent un décalage dans le temps, les grandes opérations orchestrées par les grands groupes internationaux ouvrant généralement le bal avec 6 mois de décalages pour les PME. Toutefois, il me paraît intéressant pour ces sociétés de se poser dès aujourd’hui la question de leur stratégie de croissance et d’acquisition éventuelle dans les prochaines années, afin d’être prêts à les mener en temps voulu, voire d’éviter d’être dépassé sur la ligne de départ par leurs concurrents. Et il est parfois judicieux de « prendre langue » à l’avance avec certains groupes qui pourraient constituer de belles cibles pour préparer le terrain et les esprits à ce type de démarche. Le temps est donc peut être venu pour les PME de se mettre elles aussi en chasse, et en plus ….c’est de saison !