Je souhaite vendre ma société, comment m’y prendre ?
Cette question revient souvent, surtout chez les entrepreneurs qui en sont à leur première expérience en la matière.
Souvent elle est accompagnée de nombreuses remarques  telles que
–    « je suis démarché par mes concurrents en recherche de croissance »
–    «  des fonds d’investissement s’intéressent à mon entreprise et sont venus me voir”
–    «  Mon expert comptable, mon banquier, mon ami X, un cabinet expert… m’ont dit qu’ils pouvaient m’accompagner dans le processus. »
–    « je n’ai pas le temps de m’occuper de tout cela et du reste… en l’occurrence la gestion de mon entreprise ! »
Derrière toutes ces remarques, on sent poindre une certaine inquiétude des dirigeants face à cet univers nouveau qui s’offre à eux, à la fois attirant par ce qu’il laisse poindre comme opportunité de valoriser le fruit de son travail, et à la fois intrigant, par ce qu’il comporte d’inconnus, de diversité, de complexité parfois !

J’ai ici l’intention de clarifier quelques pistes, sans prétendre à l’exhaustivité, en privilégiant le « bon sens » !
Tout d’abord, il est tout à fait normal de manquer initialement de repères, car beaucoup d’intervenants proposent des solutions et ont leur légitimité à agir en tant que conseil dans des opérations de haut de bilan.
D’une façon générale, être accompagné dans le processus comporte plusieurs avantages, au premier rang desquels je citerai la délégation. Vendre sa société prend du temps. Les négociations peuvent parfois traîner, et engendrer des discussions longues, dont les dirigeants actionnaires peuvent en partie s’exonérer pour conserver leur concentration sur le quotidien du business et leur pouvoir ultime en phase finale (celui de faire monter les enchères par exemple, mais aussi de négocier certains clauses du protocole, de donner leur accord sur des points bloquants…). D’autre part,  le recours à des professionnels avec lesquels le dirigeant-actionnaire se sent en confiance confère une rationalité, une méthode et un calendrier d’exécution à la démarche, qui sont très souvent gages de réussite. Enfin, l’expérience prouve que la variété des conseils répond souvent à une variété de problématiques et de tempéraments.. le monde est donc bien fait.
Quels critères retenir alors pour avancer :
En premier lieu, et au-delà de la notion de marque, de taille de boutiques, de typologies d’intervenants,  la confiance  réciproque et la qualité d’échange avec les personnes qui seront en charge de votre dossier sont déterminantes et non négociables ! Une cession est un processus long, jalonné de phases de négociations plus ou moins détendues avec les acheteurs, qui nécessite un fonctionnement en bonne intelligence et en confiance des parties !
En second lieu, la prise en compte des spécificités liées à l’opération sont importantes : la dimension internationale de l’opération, la taille du secteur et le nombre d’intervenants susceptibles d’acheter l’entreprise, l’importance d’un éventuel « track-record » dans le secteur, ou encore les caractéristiques propres à la société (par exemple si elle est cotée ou non) peuvent aussi influencer la décision.
En troisième lieu, le mode opératoire proposé doit correspondre à vos attentes et à votre façon d’envisager l’opération pour qu’elle réussisse. La souplesse et l’adaptation au contexte en temps réel sont déterminants. Une opération de cession peut être différée pour de multiples critères, notamment le contexte économique, les résultats financiers de l’entreprise, la nécessité de préparer l’entreprise… Vouloir vendre à tout prix serait contre-productif. De même, Considérer le temps comme un actif à part entière de la démarche est un gage de succès.
Pour terminer, deux mots : clarté et simplicité. Quelle que soit la complexité des montages envisagés pour finaliser des opérations de haut de bilan, ils doivent rester compréhensibles pour les parties prenantes. La clarté des explications, et la simplicité d’énonciation sont aussi de bons critères de choix. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement… c’est aussi vrai dans le domaine financier.

Et vous, quels sont les critères que vous jugez dirimants avant de vous engager dans une telle aventure ?