Adieu vive clarté de nos étés trop courts…(*).
L’été s’étire, inondant les rues d’une chaleur encore lourde, réveillant les pollutions de toutes natures et sonnant la fin des vacances.

Bonjour rentrée, fournitures, et résolutions !
L’été n’a pas été épargné par les nouvelles de tensions internationales, menaces sur le commerce mondial, désastre du réchauffement climatique, Amazonie en péril, craintes d’une nouvelle crise financière dont on ne sait où elle prendra sa source…, qui donnent à cette rentrée un air de « gueule de bois » sur fond d’odeur de brulé généralisée.

Pour autant, nous pouvons aussi nous réjouir de tout ce que nous pourrons mettre en œuvre individuellement et collectivement pour que notre monde aille mieux, dans les lieux et places de notre « agir » quotidien, avec patience et enthousiasme. Quelles sont donc nos résolutions pour cette rentrée ?

Lors du World Intelligence Artificial de Shangaï le 29 août dernier, Jack Ma, fondateur d’Alibaba prédisait un futur de grandes vacances pour les prochaines générations, avec 12 heures de travail par semaine grâce à l’IA, tout en appelant à une réforme profonde de nos systèmes éducatifs pour « éduquer les cœurs ». Il précisait “Je ne m’inquiète pas pour l’emploi (…) les ordinateurs n’ont que des puces, les hommes ont le cœur. C’est le cœur d’où vient la sagesse”.

Mettre plus de cœur et d’intelligence du cœur dans nos actions quotidiennes, voilà l’enjeu, la résolution qui peut aussi devenir le ferment d’une révolution !
Cela passe par l’écoute, la disponibilité à la rencontre, le temps pris pour discerner en conscience ce qui est bon, l’humilité pour se laisser surprendre… C’est aussi faire face avec agilité à l’imprévu et aborder avec bienveillance les contrariétés, pour gérer les crises avec créativité, en ayant l’audace de les considérer comme des opportunités.

Pour réussir des acquisitions, des cessions, des levées de fonds, et donner ainsi toutes les chances aux projets capitalistiques des entreprises d’être créateurs de valeur humaine et financière, le cœur doit à nouveau battre dans la finance !

Deux témoignages nous le rappellent avec force. Il y a quelques jours, je rencontrais le directeur général d’une entreprise ayant fait l’objet d’un rachat par un groupe international étranger il y a trois ans. Il résumait la situation en ces termes « avec le rachat, on perd l’engagement du cœur, on est devenu une boîte normale, sans âme, avec une seule variable qui intéresse nos nouveaux actionnaires, l’Ebit. Avant, on générait aussi de l’Ebit, mais on avait une âme, une vision, un sens et notre moteur, c’était la croissance des hommes et du groupe ».

Hier, je croise une amie dont l’entreprise vient d’être rachetée et qui me partage son désarroi : « depuis leur arrivée, aucune communication sur le projet, aucune rencontre des personnes, pas de dialogue, mais des demandes incessantes de CHIFFRES, comme si nous n’étions nous-même que des numéros ».

Puissions-nous donc continuer à œuvrer à mettre plus de cœur et de sens dans les projets que nous accompagnons, en travaillant sur les singularités des entreprises qui sont à l’origine de leur valeur, en valorisant leur culture, leur « âme », pour trouver les contreparties et les solutions adéquates à leur « personae » dans lesquelles les hommes et les femmes de l’entreprise pourront continuer à déployer leurs talents avec succès. … On sent déjà poindre cette brise purificatrice chère à Verlaine. Bonne rentrée !

« Parmi la chaleur accablante
Dont nous torréfia l’été,
Voici se glisser, encore lente
Et timide, à la vérité… la brise purificatrice ! »

« En Septembre » Verlaine, Poème divers

(*) Baudelaire, « Chant d’Automne », les Fleurs du mal