Tous les jours, on annonce le nombre de morts du Covid 19 dans le monde, accentuant la panique et la peur de ce virus dont on apprécie encore mal la vitesse de propagation, les différentes formes de maladie qu’il occasionne et le degré réel de létalité. La thématique de la guerre bat son plein, et chacun compte ses divisions pour faire face à ce nouvel ennemi dont les impacts débordent l’élargissement du domaine de la santé humaine.
En effet, si on ne mesure pas encore les conséquences économiques du Covid 19, tout le monde s’accorde sur un impact profond et durable sur la croissance économique mondiale, les politiques publiques, le financement des entreprises de tous types, les échanges internationaux l’ensemble des instances qui régissent aujourd’hui les relations entre les états et autres syndicats de toute sorte fortement ébranlées par cette crise.

En parallèle, les nouvelles se succèdent sur le front des fusions-acquisitions mondiales, annonçant le rapport des «méga-deals» européens, suspension des opérations qui étaient à leurs prémices, renégociation des conditions de celles qui étaient proches de leur conclusion, interruption des introductions en bourse, pause du capital développement et arrêt du capital risque… Morne plaine, où le brouillard et le gel règnent en maître alors que le printemps riche de ses promesses de floraisons multiples aux sommets de valorisation sous l’afflux de liquidités apportées tourner la tête il y a encore quelques jours.

Pour faire face, les opérations de sauvetage dans tous les genres se multiplient, chaque intervenant de l’écosystème financier y allant de sa contribution. A la guerre comme à la guerre! Sur investit en munitions nouvelles à coup d’ordonnances, sur vote des budgets d’exception pour les «invalides» nés de la crise, sur construit des hôpitaux militaires en vidéo-conférences pour les blessés et sur espère les en sortir vivant… La France a pris le problème à bras le corps, en multipliant les initiatives: Plan de secours de 4 milliards d’euros dédié aux start-ups en France, prêts garantis par BPI, engagement massif des banques pour maintenir à flot la trésorerie des entreprises à l «arrêt, mesures exceptionnelles d’aides aux entreprises pour passer la crise (chômage partiel, déblocage du CIR, aménagement du temps de travail dans les secteurs très exposés…). Le capital-investissement prend également une partie, en proportion de sa contribution spécifique aux participations en portefeuille: hotlines dédiées sur différentes thématiques (social, juridique, réglementaire…), assistance aux dirigeants pour la rédaction du plan de trésorerie intégrant différents scénarii de sortie de crise , aide à la négociation pour le rapport des échéances de financement voire soutien financier immédiat pour éviter le pire. Les industriels eux aussi sont au chevet de leurs filiales et participations pour gérer l’inédit d’une tourmente qui n’épargne personne… Même ceux qui font partie des secteurs dits «vitaux» qui continuent de «tourner» en période de confinement sont soumis à rude épreuve par les bouleversements de la logistique, la tension sur la demande, les difficultés d’approvisionnement,

Que retenir à court terme de ce panorama débilitant?

Trois évidences que l’on tend parfois à oublier, mais qui se rappellent à nous avec insistance aujourd’hui:

La première est qu’on n’est pas égaux face à la maladie. En matière de Covid 19, les populations les plus à risque sont celles présentant des pathologies lourdes au départ, et les plus âgées, exposées aux conséquences graves voire mortelles de la contraction du virus. A l’inverse, les personnes ayant une bonne immunité générale et une solide constitution ont beaucoup plus de chances qu’elles sont obtenues de passer outre le Covid 19 comme elles le feraient d’une bonne grippe. Il en est de même en matière économique. Les entreprises «zombies» dont les résultats permettent à peine de couvrir leur charge d’intérêt d’emprunt, dont la productivité et l’efficacité opérationnelle sont structurellement insuffisantes, et maintiennent sous respiration artificielle par les banques ou la bourse vont sans doute être balayées par le virus. Idem pour celles, notamment start-up n’ayant pas de modèles permettant de dégager de la rentabilité à court terme, qui auraient du mal à trouver du financement pour leur projet dans ces temps de disette. A l’inverse, ceux qui ont montré leur résilience dans les crises précédentes en adaptant leur modèle d’affaires, en continuant d’investir dans leurs Hommes et leurs outils, en constituant de solides fonds propres et ayant fait le choix de structures de financement équilibrées ont plus de chances de rebondir rapidement, voire d’accélérer leur développement, quelle que soit leur ancienneté! Elles seront en mesure de saisir les opportunités de croissance, notamment externes et de trouver un soutien dans leur projet, les sorties de crise ayant souvent pour corollaire une sélectivité s’accumulent des financeurs. Il pourrait même y avoir une prime à l’ancienneté,

La seconde est qu’il faut savoir mixer les remèdes de grands-mères qui ont fait leur preuve avec les technologies «dernier cri». Sans revenir sur la polémique actuelle quant à l’usage de l’ancestrale chloroquine pour traiter le virus du Covid, couplé à un dépistage massif grâce à des tests innovants et un traçage des patients permis par l’intelligence artificielle, un parallèle peut être fait avec le domaine économique. La longévité des entreprises repose souvent sur un dosage savant et unique entre innovation et continuité du savoir-faire, fidélité à une histoire, une vision incarnée dans un modèle économique éprouvé et agilité pour s’adapter aux nouvelles exigences du moment. Le confinement met en exergue les vertus d’une numérisation raisonnée des processus productifs, des organisations du travail, des modes collaboratifs voire contractuels, dès lors qu’elle est au service de l’Homme et… de la planète. Continuer à opposer ancienne et nouvelle économie, «tradition et digitalisation», IA et intelligence humaine ne peut que mener à une impasse. La créativité et la réflexion collective pour savoir intelligemment marier ces supposés opposés seront nécessaires pour sortir rapidement et par le haut de ce choc inouï.

La troisième est que la morale du patient et son état intérieur influencent directement les chances et la rapidité de guérison. C’est désormais prouvé en médecine… Il semble que cela soit aussi vrai en économie. La vitalité des entreprises et leur promptitude à recouvrer la santé économique et financière mise à mal par le Covid 19 dépendra de leur capacité de résilience. La solidité d’une culture d’entreprise insufflée par des équipes dirigeantes ayant travaillé leur leadership, l’unité entre les actionnaires -personnes physiques, financiers, investisseurs de toute nature-, la confiance et la qualité du lien entre les différentes parties prenantes de l’entreprise sont des facteurs clés de succès pour rebondir. Demain, il sera encore plus vital qu’hier de cultiver les fondamentaux qui constituent la valeur intrinsèque d’une entreprise et la recherche unique… ils auront prouvé leur efficacité en mode «urgence vitale». De même, il sera crucial de choisir les bons partenaires de l’aventure entrepreneuriale, notamment quand il s’agit d’ouvrir son capital pour croître. Ceux qui auront su montrer leur inventivité et leur sollicitude sans tirer profit de la situation exceptionnelle seront récompensés! Enfin, on peut espérer que la grâce qui accompagne le relèvement post-confinement, dont on voit déjà certaines facettes prenant le nom de «soin du prochain, respect, durabilité, bienveillance, entraide, inventivité…» peut perdurer un peu et ne pas se dissoudre dans la pulvérulence de la chaleur d’un été tant désiré.